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cinéma

Cannes 2012 : Lawless

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Alors que l'Amérique est frappée par la prohibition, les frères Bondurant mènent de main de maître un business lucratif de trafic de spiritueux. Howard et Forrest inspirent la crainte et l'incrédulité dans les environs. Jack (Shia LaBeouf), le plus jeune des trois, peine à se construire une réputation et rêve de grandeur et de belles voitures. Les affaires tournent à plein alors qu'un capitaine de police, corrompu jusqu'à l'os, s'attaque violemment à ce marché clandestin et à ses représentants... John Hillhoat voulait faire un film de gangsters qui confine au western. Le réalisateur de The Proposition et The Road œuvre en terrain connu, familier des plans iconiques. La campagne aride et désertique remplace les bas-fonds de la grosse pomme.

Mi-figue, mi-raisin, Hillcoat s'amuse à reprendre des cadrages mythiques habités par des personnages très marqués par les grandes figures du genre. Des images habillées par la bande-originale pénétrante du rockeur Nick Cave qui rappelle les envolées de la partition de L'assassinat de Jesse James qu'il avait signée précédemment. Un Nick Cave avant tout scénariste de cet itinéraire vengeur, entre autobiographie et fiction. Mais le musicien n'est pas ambidextre : si la partition est de haute-volée, la trame reste bancale. Ponctué d'excès de violence, le film hésite sur le ton à prendre en insistant à l'envi sur une légende qui voudrait que Forrest, le personnage incarné par Tom Hardy, soit increvable. Une anecdote racontée comme un running gag qui plombe l'ambiance générale du long-métrage. Le casting, pétri de bonnes intentions incarne des personnages qui manquent pourtant de complexité, malgré les forces de caractère. Ce qui n'empêche pas de trouver du coffre et une stature à Tom Hardy décidément impressionnant. 

Publié le 20/05/2012 Auteur : Jonathan Blanchet


Mots clés : cinéma